A chaque rentrée scolaire, en dehors de la
baisse du niveau des élèves, la tenue vestimentaire est le sujet qui préoccupe
le plus les Chefs d’établissements, les parents d’élèves, les hommes politiques
et même les autorités religieuses.
Déjà en juillet 2009, Messaoud
Ould Boulkheir, candidat à la Présidentielle de 2009, déclarait : «
l’uniforme scolaire sera institué pour limiter l’expression des disparités
sociales dans l’école ; …. » Le débat entre partisans d’un code
vestimentaire strict, qui indiquerait ce que les élèves doivent, ou non, porter
et les inconditionnels de l’uniforme scolaire, refait surface et agite le monde
de l’Education.
En Mauritanie, au cours de ces 25 dernières
années, plusieurs facteurs ont contribué à la floraison dans nos établissements
scolaires de tenues débridées, fantasques, indécentes, parfois d’un luxe
insolent et coûteux rendant quasiment impossible l’application d’un code
vestimentaire consensuel.
Parmi ces facteurs, il est possible de citer
pêle-mêle, l’engouement des jeunes dans tous les foyers pour la mode occidentale
par écran interposé (T.V. & Internet), l’explosion des inégalités sociales,
l’exacerbation des réflexes communautaires, une conception réductrice de la
Démocratie et du respect des libertés individuelles, la faillite de l’autorité
parentale et de celle l’Etat dans leur mission d’Education, etc.
Face à
cette situation qui ne cesse de se dégrader, l’option pour le port de l’uniforme
en milieu scolaire s’impose ; comme c’est le cas du reste dans de nombreux pays
à travers tous les continents. Ainsi, le Maroc a décidé cette année 2009,
d’expérimenter l’uniforme scolaire dans certains établissements publics ; de le
généraliser ensuite dans toutes les régions du pays. Au Mali des
réflexions sont en cours sur le port de l’uniforme au niveau des
enseignements fondamental et secondaire publics. Rappelons que chez
nous, dans les années 60, les élèves admis à l’Internat du Lycée de
Nouakchott portaient un uniforme scolaire. Cette solution présente
plusieurs avantages pour un pays en développement, au corps social fragile avec
un système éducatif à la dérive.
Elle permet à des enfants d’origine
ethnique, raciale, sociale différentes de cohabiter dans la paix et de se
construire un avenir de solide cohésion en instaurant un meilleur climat en leur
sein par la suppression, ou tout au moins la banalisation, des barrières
sociales ou à caractères « communautaristes ». Elle contribue à l’égalité
des chances par la prise de conscience collective qu’à l’école, tous sont égaux
pour étudier ; elle développe en outre une conscience citoyenne dans le respect,
la tolérance, la solidarité et la discipline des uns vis-à-vis des
autres.
Il a été constaté que certains élèves étaient, malheureusement,
plus enclins à s’occuper de leur habillement, par souci de paraître, que de
leurs études. D’ailleurs quelques parents avouent sans gêne dépenser plus
d’argent dans les vêtements pour leur progéniture que dans les fournitures
scolaires. Il n’est pas rare pour un enseignant du Fondamental de constater avec
amertume que le prix de l’ensemble « Bazin-riche » que porte son élève
est nettement supérieur à son salaire mensuel.
L’uniforme pourrait
assurer non seulement aux élèves, une meilleure réussite scolaire, par l’absence
de distraction due aux tenues tape-à-l’œil ou « griffées », mais aussi
garantir aux parents de substantielles économies sur les dépenses vestimentaires
et à l’enseignant une plus grande aisance dans l’exercice de son sacerdoce. Il
constitue un élément positif d’identification qui aurait certainement rendu
impossible la mésaventure arrivée à ce jeune enseignant pris pour un élève et
copieusement tabassé par les forces de l’ordre aux abords d’une école en
grève.
Le dernier argument, et non des moindres, en faveur de l’uniforme
scolaire est qu’il permet d’endiguer la déferlante des tenues indécentes et
provocatrices prisées aussi bien par les filles que par les garçons ; en ville
comme à la campagne. Les syndicats d’enseignants, en concertation avec les
associations des parents d’élèves et les autorités de Tutelle doivent arrêter
une stratégie pour la réintroduction de l’uniforme scolaire dans tous les
établissements publics du pays dès la prochaine rentrée scolaire ! Par souci
d’efficacité, ils doivent aussi veiller à ce que l'uniforme soit le même dans
tous les établissements, d’un rapport qualité/prix accessible à tous,
obligatoire pour tous et dans le respect des prescriptions de
l’Islam.