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BILLETERIE-ORGANISATION CIRCUITS TOURISTIQUES    Ilot P N°21A

 

HISTOIRE

DES ORIGINES A 1945

Les découvertes archéologiques témoignent de l'ancienneté de la présence humaine en Mauritanie. Au premier millénaire de notre ère, des tribus berbères sont déjà signalées dans le nord et le centre du pays, alors que le Sud est habité par des Noirs. Les tribus berbères fondèrent le royaume d’Aoudaghost et entrèrent en contact avec l’Empire du Ghana au Sud. L'islam serait entré dès la fin du 7ème siècle pour se propager rapidement. Les tribus Sanhaja furent islamisées en masse au 8eme et 9eme siècle. Cette progression de l’islamisation culmina avec le mouvement religieux des Almoravides au 11eme siècle. En 1076 les Almoravides, prennent Koumbi Saleh, capitale de l’Empire du Ghana, dans le Sud-est mauritanien. Sous la conduite de Youssouf Ben Tachfinne, ils s’élancent ensuite à la conquête du Maghreb occidental, fondent Marrakech et pénètrent en Espagne. L’Empire almoravide s’étendra alors du Sénégal à l’Ebre : c’est “L’Empire des deux rives”.
A partir du 12eme siècle commencent les invasions des tribus arabes au Maghreb. Les tribus Béni Hilal, venues d'Egypte s’installèrent au Sahara occidental. Plus tard au début du 13eme siècle les Béni Hassan amorcent leur descente vers la Mauritanie. Leur langue, le Hassaniya s’impose progressivement. Ces mouvements migratoires achevèrent de constituer la population de la Mauritanie.
Terre de rencontre entre le Monde arabe et l'Afrique sahélienne, la Mauritanie médiévale était le passage obligé des grands axes commerciaux transsahariens (sel, tissu, or, verroterie...). Les anciennes cités caravanières (Ouadane, Chinguitti, Tichit et Oualata) qui jalonnent ces routes, rayonnaient d'une intense vie culturelle et religieuse.
La vie politique et sociale s’organisa autour d’entités nouvelles qui sont les Emirats. Ainsi vers le début du 16eme siècle, l’Emirat du Brakna, puis celui du Trarza virent le jour, suivis au milieu du 18 eme siècle par ceux de l’Adrar et du Tagant. Cependant, un autre Emirat, celui des Oulad MBareck aurait vu le jour dès le 15eme siècle dans l’Affolé (Hodh El Gharbi).
Les premiers contacts des Mauritaniens avec les Européens datent de 1.443 lorsque des Portugais fondent un comptoir sur la baie d’Arguin. A la recherche de la gomme arabique, les Européens rivalisent déjà sur la côte mauritanienne. Arguin passa successivement aux mains des Hollandais, des Anglais, des Hollandais à nouveau, des Français, encore des Hollandais et enfin des Français en 1724. Mais cette présence européenne se limite essentiellement à ce comptoir.
A partir du milieu du 19eme siècle, les Français songent à pénétrer en pays maure. Le général Louis Faidherbe, gouverneur du Sénégal organise des raids sur le fleuve Sénégal et tente d’annexer la rive droite sous prétexte de défendre le Walo contre l’Emirat du Trarza. Ce dernier par le jeu des alliances et mariages a de sérieuses prétentions sur ce royaume,  l’Emir du Trarza ayant épousé la Reine du Walo, Djombott. Les Trarza menacèrent de prendre la cité coloniale de Saint Louis à quelques reprises.
A partir de 1860, Faidherbe met sur pied des forces armées pour occuper la rive droite. Mais les Français se heurtaient à la tres forte résistance des Trarza et des Brakna.
 La résistance organisée par El Hadj Omar Tall dans le Fouta et au Sénégal oriental constituait une autre préoccupation.
 Les Français finirent par monter des fortes colonnes qui harcelèrent les Trarza.
 La pénétration ne s’accéléra que vers 1900. Certaines tribus fatiguées de l’insécurité acceptent de se soumettre. Le grand érudit, Baba Ould cheikh Sidya appela à cette soumission.
A partir de 1900, le Commandant Xavier Coppolani tente méthodiquement de gagner la soumission des autres tribus en combinant ruses et expéditions armées. Il entreprend d’ailleurs la conquête du Tagant dès 1902, mais il est assassiné en 1905 à Tidjikja.
La résistance s’intensifia contre l’occupation.
 La conquête coloniale est alors confiée au Général Gouraud à partir de 1907. Ses troupes soumises à une forte résistance finissent par occuper l’Adrar en 1903, Tichitt en 1911 puis Oualata en 1912 ou l'émir Ahmed ould Aida, leader des résistants, est fait prisonnier. Au Trarza Ahmed Ould Deid se soumet à son tour. La résistance se concentra alors au Nord au milieu des tribus Rgueibat et certains Oulad Bousbaa.
 En 1920, la Mauritanie devient une colonie, rattachée à l'Afrique occidentale française. Cette résistance se poursuivit jusqu'en 1936, date de la conquête coloniale totale du pays.

DE 1945 A 1960

Après la seconde guerre mondiale, la France fixe un nouveau cadre pour ses colonies en Afrique. Des députés sont élus pour la Constituante. La Mauritanie était rattachée au Sénégal au sein de la même circonscription. Léopold Sedar Senghor représentait les indigènes du Sénégal et de la Mauritanie et Lamine Gueye les citoyens.
 La Constitution française du 27 octobre 1946 donne à la Mauritanie le statut de territoire d'outre-mer Ce qui lui offre la possibilité d'envoyer à l'Assemblée nationale française un député. Ahmedou Ould Horma Ould Babana, candidat socialiste, SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière), appuyé par Lamine Gueye et Senghor est élu contre Yvon Razac lors des élections du 10 novembre 1946. Dans ces élections, le corps électoral était réduit car seuls votaient les salariés, les alphabétisés en français, les détenteurs de fusils, de champs ou de palmeraies enregistrés, les syndicalistes, les membres d’associations locales. Un corps électoral réduit à 10.000 électeurs. En 1947 les personnes alphabétisées en Français ou en Arabe ont été ajoutées et en 1951, les chefs de famille et les mères de deux enfants. Le suffrage universel n’a été effectif qu’en 1956.
Nationaliste, réformiste, Horma Ould Babana inquiéta l’Administration coloniale et les conservateurs.
Il se heurta à partir de 1947 à l’opposition des chefs de grandes tribus, des Emirs et de l’Administration coloniale. En février 1948, un parti, l’Union Progressiste Mauritanien est créé au congrès de Kiffa. Opposé à Horma, l’UPM est soutenu par la plupart des grands chefs locaux. Le général De Gaulle en est nommé Président d’honneur. Mohamed Fall Ould Oumer, Emir du Trarza, Bakar Ould Soueid’Ahmed, Emir du Tagant, Mohamd Radhi de l’Assaba, Ould Ahmed Aida, Homody d’Atar parmi tant d’autres s’allièrent dans ce parti avec pour objectif d’abattre Horma.
En 1950, celui-ci crée l’Entente mauritanienne.
Les forces anti-Horma se liguèrent et choisirent Sidi El Moctar NDiaye comme candidat pour le scrutin prévu en juin 1951.
Les élections se déroulèrent dans un climat de forte mobilisation et même de tensions. L’administration coloniale désormais aux mains de la droite en donna un coup demain discret mais ferme au candidat Sidi El Moctar NDiaye. Ce qui s’avérera décisif pour un candidat qui bénéficie déjà du soutien effectif des principaux notables du pays.
Horma perdit son siège désormais détenu par l’UPM.
 Horma contesta les élections en accusant l’Administration coloniale de fraudes massives. Mais  Horma avait perdu ses appuis parisiens avec l’arrivée en France d’un Gouvernement de centre-droit.
En 1952, l’Assemblée territoriale est crée. Elle regroupe 24 membres dont 8 élus au titre du Premier collège, celui des citoyens. L’UPM prend 22 sièges.
En 1952, la société des mines de fer de Mauritanie (MIFERMA) est crée. La France s’engage en Mauritanie. Le Général de Gaulle effectue une visite à Boutilimit en 1953.
Battu de nouveau aux législatives de 1956, Horma s’exile au Maroc. En 1955, Allal Al Fassi lance l’idée du grand Maroc qui englobe la Mauritanie. Horma crée l’Armée de Libération.
Le 23 juin 1956, la loi Deferre ou Loi-cadre est votée. Elle dote la Mauritanie comme les autres colonies de l’Afrique de l’Ouest d’une autonomie interne qui laissait aux assemblées la gestion des affaires locales.
A partir de 1956, la vie politique s’anime. En juillet 1955 le Premier congrès de l'Association de la Jeunesse Mauritanienne (AJM) se tient à Kaédi. Cette association était animée par des jeunes comme Mohamed Ould Cheikh, Ahmed Baba Ould Ahmed Miské, Ba Bocar Alpha, Ahmed Bezeid Ould Ahmed Miské, Yacoub Ould Boumediana, Soumaré Gaye Silly…
En janvier 1957, des éléments de l’Armée de libération attaquent dans plusieurs endroits au Nord. Les accrochages sont sévères. La tension s’accroît dans la région. Les Français et les Espagnols montent l’opération ‘’Ecouvillon’’ contre les éléments armés au Sahara Occidental et en Mauritanie.

En mars 1957, l’UPM remporte les élections à l’Assemblée territoriale. Mokhtar Ould Daddah est élu Conseiller en Adrar pour Chinguetti. Le 20 mai, il est élu Vice-président du Conseil du Territoire. Le Gouverneur en assure la présidence. Le premier gouvernement est formé avec huit Ministres, Mokhtar Ould DADDAH occupe les portefeuilles de l’Enseignement et de la Jeunesse. En juillet, le décret du transfert de la capitale de Saint-Louis à Nouakchott est signé. Des notables négro-africains créent le Bloc Démocratique du Gorgol.
Le 2 mai 1958, création à Aleg du PRM (Parti du Regroupement Mauritanien) avec la fusion de l’UPM, de ce qui reste de l’Entente et du Bloc. Le Congrès d’Aleg définit une ligne politique et consacre le leadership de Mokhtar Ould Daddah à côté de Sidi El Mokhtar Ndiaye.
En septembre 1958, le ‘’Oui’’ l’emporte massivement au referendum. Ce qui constitue un succès pour le PRM.
En 1959 une première constitution mauritanienne est adoptée. Elle instaure un régime de type parlementaire. En juin, premières élections législatives, le PRM remporte la totalité des sièges. Mokhtar Ould Daddah devient Premier ministre et Sidi El Mokhtar N’Diaye, Président de l’Assemblée. Le 11 décembre, De gaulle fait une escale historique à Nouakchott.
Au même moment, une agitation s’empara de la vie politique. La Nahda s’organisait et développait un discours nationaliste, proche des thèses marocaines.
 A partir de février 1960, un autre parti, considéré par certains comme proche de la France voit le jour. Il s’agit de l’Union des Socialistes Musulmans de Mauritanie (UMSM). Son animateur est Ahmed Ould Kerkoub.
 Mais la marche vers l’Indépendance se poursuit malgré les tensions et l’assassinat à Nouakchott, le 20 novembre 1960 d’Abdallahi Ould Oubeid, Vice-président de l’Assemblée nationale, maire d’Atar.

Dirigeants de la France coloniale durant cette période :
Président du Conseil : Général Charles De GAULLE (2 novembre 1945-20 juin 1946)
Présidents de la République:
Vincent AURIOL (16 janvier 1947 au 16 janvier 1954)
Présidents du Conseil :
Paul Ramadier ( 22 jan. 1947 au19 nov. 1947);
Robert Schuman (24 nov. 1947 au 19 juil 1948);
André Marie ( 26 juil. 1948 au 27 août 1948);
Robert Schuman ( 5 sept. 1948 au 7 sept. 1948);
Henri Queuille (11 sept. 1948 au 5 oct. 1949);
Georges Bidault (28 oct. 1949 au 24 juin 1950);
Henri Queuille (2 juil. 1950 au 4 juil. 1950);
René Pleven (12juil.1950 au 28 fév. 1951);
Henri Queuille (10 mars 1951 au 10 juil. 1951); René
Pleven (11 août 1951 au 7 jan. 1952);
Edgar Faure (20 jan. 1952 au 28 fév. 1952);
Antoine Pinay (8 mars 1952 au 23 août 1952);
René Mayer (8 jan. 1953 au 21 mai 1953);
Joseph Laniel (27 juin 1953 au 12 juin 1954);
Président De la République :
René Coty (16 janvier 1954 au 8 janvier 1959)
Présidents du Conseil :
Joseph Laniel : (16 jan. 1954 au 12 juin 1954);
Pierre Mendes- France (18 juin 1954 au 5 mars 1955);
Edgar Faure (23 mars 1955 au 24 jan. 1956);
Guy Mollet (31 jan. 1956 au 21 mai 1957);
Maurice Bourges-Maunoury (12 juin 1957 au 30 sept. 1957);
Félix Gaillard (6 nov. 1957 au 15 avr. 1958);
Pierre Pflimlin (13 mai 1958 au 28 mai 1958);
Charles De Gaulle (1er juin 1958 au 8 jan. 1959);
1959- Président de la République :
Charles De Gaulle (1959-…)
Premier Ministre :
Michel Debré (1960-…)

1960 - 1978
Le 28 novembre 1960, l’Indépendance est proclamée dans un hangar à Nouakchott en présence du Premier ministre français Michel Debré et quelques chefs d’états francophones. La proclamation de l’Indépendance de la Mauritanie accéléra les entreprises de déstabilisation menées par le Maroc. Le Mali de Modibo Keita s’aligne sur les positions marocaines. Le 26 août 1961, un groupe armé attaque une garnison à Néma et fait plusieurs morts.
Le Premier ministre Mokhtar Ould Daddah est élu Président de la République en août 1961. Grâce à une diplomatie active, la Mauritanie s’affirme progressivement sur la scène internationale. Elle entre à l’Organisation des Nations Unies le 27 octobre 1961 malgré l’hostilité du Maroc. Le démarrage effectif de l’exploitation des mines de fer en décembre 1963 donne une bouffée d’oxygène au nouvel état.
La promulgation, le 12 janvier 1966 de décrets rendant obligatoire le bilinguisme (français- arabe) dans l’enseignement suscite une tension qui conduit à des affrontements raciaux en février 1966 à Nouakchott. Mais ils sont vite maîtrisés et la réforme est maintenue. Le 7 août 1966, Mokhtar Ould Daddah est réélu dans des élections où il était le seul candidat. Reconnue par le Maroc en 1969, la Mauritanie signe avec ce dernier le 8 juin 1970 un traité de solidarité, de bon voisinage et de coopération pour vingt ans. Les relations diplomatiques sont établies.
Sur le plan intérieur, des troubles éclatent après les évènements de Zouerate en mai 1968. La contestation d'abord syndicale s’étend à beaucoup de secteurs : étudiants, scolaires, ouvriers, enseignants. Cette contestation qui se politise et se radicalise est principalement animée par le Mouvement des Kadihines, un Mouvement d’obédience marxiste puis maoïste. Ce mouvement appelé aussi Mouvement National Démocratique sera encadre et impulse par un parti clandestin le PKM (Parti des Kadihines de Mauritanie).
 La contestation sera vive a partir de 1970 unissant sous la même bannière des arabes et des négro-africains que divisaient jusque-là des querelles linguistiques autour de l’officialisation de la langue arabe dans le pays. Les sections estudiantines, scolaires et syndicales constituaient une avant garde active pour ce mouvement
En février 1971, Georges Pompidou effectue une visite officielle en Mauritanie.
Les années 1971, 1972, 1973 ont été assez agitées. La contestation toucha une grande partie de la jeunesse estudiantine, scolaire et de l’élite ainsi que le monde syndical. D’ailleurs d‘autres groupes de jeunes d’obédience baathistes, nasséristes voient vu le jour.
Avec la création de la monnaie (29 juin1973) et surtout la nationalisation de la MIFERMA (novembre 1974) le mouvement d’opposition animé par les Kadihines s’essouffle.
 En 1975 des figures importantes de cette contestation rejoignirent le parti au pouvoir, le PPM. Cette tendance s’est cristallisée dans la participation de la jeunesse d’opposition au Congrès de la Jeunesse du PPM en août 1977. Dans la foulée, certaines organisations clandestines ou non reconnues se sont auto dissoutes dès 1975 comme l’Union Générale des Etudiants et Stagiaires, (UGESM), le PKM (Parti des Kadihines de Mauritanie)…Sayhat Al Madhloum, organe de presse avait cessé de paraître. Seule, une contestation marginale subsista alors.
Sur le plan diplomatique et à partir de 1970, la question du Sahara occidental se met au premier plan des préoccupations dans la sous région (Sommet de Nouadhibou entre Mokhtar Ould Daddah, Hassan II et Boumediene). Ould Daddah se fait d’ailleurs actif sur le plan extérieur. Très apprécié par ses pairs, il est élu Président de l’OUA le 9 août 1971.
 Le 11mars 1972, la Mauritanie créé avec le Sénégal et le Mali, l’OMVS (Organisation de Mise en Valeur du Sénégal). Le 4 décembre 1973, la Mauritanie adhère à la Ligue des Etats arabes.
En 1974, la Cour Internationale de La Haye se saisit du dossier du Sahara occidental. Une entente secrète entre le Maroc et la Mauritanie est réalisée au sujet du Sahara occidental. Les 11 juin 1975, le Président Mokhtar Ould Daddah rend visite au président algérien Houari Boumediene et à Hassan II pour tenter de trouver une entente globale. Entre-temps, le Front de Libération de la Saguiet Al Hamra et le Rio de Oro (Front PLISARIO), créé en 1973 par des jeunes Sahraouis commence des coups de mains contre les Espagnols.
Le 14 novembre 1975 l’Accord de Madrid est signé. Il prévoit le retrait des troupes espagnoles du Sahara occidental, et le partage du territoire entre le Maroc et la Mauritanie. L’Algérie, écartée des négociations maroco-mauritaniennes  et méfiante de son voisin marocain donne un appui de plus en plus actif au POLISARIO. Solidement armé, le POLISARIO multiplia les attaques à partir de décembre 1975 contre les forces mauritaniennes et marocaines. L’armée mauritanienne prend possession de Dakhla en janvier 1976. Cette armée embryonnaire en 1975 se renforça considérablement mais n’arriva pas à contrôler un grand territoire devenu plus vaste avec l’occupation du Sahara.
Le train minéralier, poumon économique du pays est attaqué régulièrement. Des raids sont organisés sur des villes dont Zouerate, Chinguetti, Tidjikdja, Tichit et deux prés de Nouakchott en 1976 et 1977. L’appui aérien français (opération Lamartin) à partir de décembre 1977 apporte un appui décisif sur le plan militaire en pilonnant les colonnes du POLISARIO.
Mais la France face à l’hostilité agissante de l’Algérie opta pour le désengagement, ce qui précipita le putsch militaire.  Car l’Armée mauritanienne est elle-même est minée par la démoralisation de certains de ses chefs et par l’ambition politique d’autres.
 Le 10 juillet un groupe d'officiers s'empare du Pouvoir à Nouakchott mettant fin au régime civil du Président Mokhtar Ould Daddah, plongeant le pays dans un régime militaire de longue durée.

DE 1978 A 1991
Le coup d'Etat militaire du 10 juillet avait été fomenté par plusieurs officiers qui portent au pouvoir le lieutenant-colonel Moustapha Ould Mohamed Salek. Un Comité Militaire de Redressement National assume tous les pouvoirs. Celui-ci décida un cessez-le feu avec le POLISARIO. Très vile, les nouveaux dirigeants sont déstabilisés du fait de leur inexpérience, des querelles internes ajoutés à l’hostilité de la France.
 Le 6 avril 1979, un pronunciamiento porte le Lieutenant-colonel Ahmed Ould Bouceif à la tête du Gouvernement. Un Comité Militaire de Salut National est mis en place. Une nouvelle réorientation s’amorce en politique. Mais le Colonel Bouceif disparaît peu après dans un accident d’avion au large de Dakar le 31 mai 1979.
 Le colonel Haidalla prend la tête de la junte militaire le 2 juin. Le colonel Ould Mohamed Saleck est demis de ses fonctions, remplacé par le Colonel Louly, comme Président honorifique du CMSN. Appuyé par des groupes politiques de gauche et des pro-Polisario, ce dernier signe un cessez-le-feu le 5 août 1979 avec le Polisario à Alger puis se retire du Sahara occidental. Le Maroc occupe désormais la totalité du Sahara.
Le 4 janvier 1980, le colonel Haidalla aidé d’officiers pro baathistes et pro POLISARIO concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Cependant Haidalla dont l’ibezpérience n’a d’égal que son populisme s’isola progressivement en ne s’appuyant plus que sur un groupuscule restreint composé du  mouvement MND et d’activistes négro africains.
Entre 1979 et 1984 plusieurs tentatives de putsch sont déjouées. La plus spectaculaire se déroule le 16 mars 1981. Les colonels Bah Ould Abdel Kader et Ahmed Salem Ould Sidi tentent de s’emparer du pouvoir. Ce fut un échec. Ils sont arrêtés le même jour et tués après un procès sommaire. Progressivement, le régime de Haidalla s’isole et remplit les prisons d’opposants. L’opposition principalement animée par l’AMD (Alliance pour une Mauritanie Démocratique) s’élargit à plusieurs groupes: Baathistes, pro-Libyens…
Le 12 décembre 1984, le colonel Maaouiya Ould Sid Ahmed Taya s'installe à la tête de l'Etat après un coup d’état blanc.
 La politique du nouveau chef se traduit par l'émergence d'un début de démocratie. Des élections municipales sont organisées dans les treize capitales régionales en 1986 puis en 1988 dans les moughataa et dans cent soixante-quatre communes rurales. C’est une première dans l’histoire du pays. Au même moment des reformes libéralisent l’économie et les relations sont reprises avec les institutions de Bretton Wood. L’économie reprend progressivement.
En 1989, de terribles affrontements opposent Mauritaniens et Sénégalais et font de nombreuses victimes de part et d'autre. La tension entre les deux pays persistaient depuis un certain temps, favorisée par l’agitation d’activistes Poulars mauritaniens suite à l’échec de la tentative de coup d’état d’octobre 1987. Ce coup préparé par des militaires négro-africains est découvert de justesse, conduisant à l’arrestation dans les milieux poulars civils et militaires.
Les autorités se mettent à -démanteler les réseaux d’appuis aux putschistes. Cela a conduit à de nombreuses arrestations, et à des exactions dans une atmosphère de vives tensions ethniques.
Une vive campagne anti-mauritanienne dans la presse au Sénégal ajoutée à l’action d’activistes des Flam et a la surexcitation de milieux nationalistes en Mauritanie raviva la tension et conduit aux évènements d’avril 1989. Des milliers de boutiques de Mauritaniens sont pillées au Sénégal, leurs propriétaires pourchassés. On dénombra plusieurs victimes. Au même moment en Mauritaniens des Sénégalais sont pourchassés, leurs biens pillés. Certains tués.  
 Les Mauritaniens et les Sénégalais sont rapatriés d’un côté comme de l’autre de la frontière. Dans la foulée et suite aux tensions des milliers de Mauritaniens négro-africains sont déportés ou se refugient de l’autre côté de la frontière.
Les relations diplomatiques sont rompues entre le Sénégal et la Mauritanie, en août. La tension très vive en 1989 et 1990 commença à baisser à partir de 1991 pour conduire à la reprise des relations en1992 et à la réouverture de la frontière le 2 mai de la même année.

DE 1991 A 2010
A partir de 1991, à l’instar d’autres en Afrique, la Mauritanie s’engage dans un processus de démocratisation. Une constitution est approuvée par referendum le 12 juillet 1991. Les premières élections présidentielles, tenues le 24 janvier 1992 donnent la victoire à Maaouya Ould Sid ‘Ahmed Taya avec plus de 62% des suffrages, après une campagne électorale active et animée. Le principal candidat de l’opposition, Ahmed Ould Daddah crie à la fraude mais des observateurs confirment la régularité du scrutin. Son parti, l’UDF- ère nouvelle appelle au boycott des élections législatives suivantes. Le processus démocratique est renforcé par l'élection de soixante dix-neuf députés et cinquante-six sénateurs donnant une écrasante majorité au PRDS. Le 18 avril le CMSN est dissout et Sidi Mohamed Ould Boubacar est nommé Premier ministre.
Désormais le pays s’engage dans une relative stabilité. Les relations avec la France tendent vers la normalisation avec la visite officielle du Président Taya dans ce pays à partir du 13 décembre 1993. Les reformes entreprises et l’appui de plus en plus ferme de la Banque mondiale et du Fonds monétaire redonnent à l’économie plus de souffle. Cette expansion touche les secteurs de l’hydraulique, l’énergie, les routes, les télécommunications…
Cette restructuration de l’économie, qu’accompagne une dévaluation de l’Ouguiyas comporte des effets sur les classes populaires. Le 22 janvier 1995, la hausse des prix de pain provoque quelques troubles à Nouakchott. La situation est cependant vite maîtrisée et le Gouvernement multiplie les mesures de surveillance du marché.
En novembre 1995, la Mauritanie participe comme observateur à la Conférence euro-méditerranéenne à Barcelone.
Le 2 janvier 1996, Cheikh El Avia Ould Mohamed khouna devient Premier ministre. Le PRDS remporte les élections législatives d’octobre. Le 28 février 1997, les partis d’opposition, l’UFD-ère nouvelle et AC créent un Front uni.
Du 5 au 7 septembre, le Président Chirac effectue une visite officielle en Mauritanie. Il se rend à Nouakchott et Atar.
Les partis d’opposition décident de ne pas participer aux élections présidentielles de décembre 1997. Maaouya est élu avec 90,25% des voix. Mohamed Lemine Ould Guig est nommé Premier ministre.
Le 7 juillet 1999, le capitaine Ely Ould Dah est mis aux arrêts et mis en examen par la justice française. La Mauritanie interrompt la coopération militaire avec Paris et instaure un visa d’entrée pour les Français.
Le 7 juin 2000, la tension éclate entre la Mauritanie et le Sénégal au sujet du projet sénégalais des “Vallées fossiles”. Après l’abandon de ce projet et la visite du Président Wade à Nouakchott, les rapports se normalisent.
Le 28 octobre, l’UFD-ère nouvelle est dissoute par les autorités.
Le 11 juillet 2001 est créé le Rassemblement des Forces Démocratiques par les militants de l’ex UFD. Le 27 0ctobre le PRDS remporte largement les élections législatives et municipales mais perd quelques mairies à Nouakchott. Le secrétaire général du PRDS, Mohamed Yehdhih ould Moctar El Hacen est démis
Sur le plan diplomatique, la Mauritanie, après s'être isolée du monde occidental en 1991 pour sa sympathie supposée pour Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe, opère un réalignement de sa politique extérieure. Elle établit des relations diplomatiques avec Israël en octobre 1999.
Cela créa des remous dans certains secteurs de l’opinion publique et chez certains dirigeants arabes. Les relations avec l’Irak se détériorent et conduisent à la fermeture de l’Ambassade irakienne en novembre 1999. Au même moment, les relations se réchauffèrent avec les Etats-Unis.
Les rapports franco-mauritaniens se normalisent à partir de juin 2001. Plusieurs hauts responsables français visitent la Mauritanie en 2001,2002 et 2003.
La tentative de coup d’état du 8 juin 2003, vite maîtrisée, entache quelque peu la réputation bien établie de stabilité du pays. Cependant, les choses rentrent rapidement dans l’ordre, démontrant le caractère complètement marginal de la tentative qui n’a bénéficié d’aucun appui intérieur. Le Président Taya bénéficie alors du soutien de pays comme la France, l’Espagne, le Sénégal, le Mali qui envoient leurs Ministres des Affaires étrangères et le Roi du Maroc et l’Émir de Qatar qui effectuent des visites.
Les élections présidentielles se déroulent le 7 novembre 2003 avec trois candidats de l’opposition, Mohamed Khouna Ould Haidalla, Ahmed Ould Daddah, Messaoud Ould Boulkheir. Maaouya Ould Sid’ Ahmed Taya remporte l’élection dès le premier tour avec 67% des voix.
Cette campagne assez dure se déroule sur un fond de tension. Le candidat de l’opposition Mohamed Khouna Ould Haidalla interpellé puis relâché est arrêté après le scrutin ainsi que deux de ses fils et certains membres les plus connus de son staff de campagne .
Accusés de tentative de déstabilisation, ils sont traduits en justice. Le tribunal les condamne avec sursis le 28 décembre.
Les élections sénatoriales se déroulent le 9 avril pour le renouvellement du tiers du Sénat. Sur 18 sièges en compétition, le PRDS en remporte 14 au premier tour, le RDU 1, l’APP 2. Le 2eme tour, tenu le 16 avril donne le siège de Maktaa Lahjar au PRDS contre L’UFP.
Le 3 Aout 2005, un coup d'état initié par le Chef de la Garde présidentielle, le BASEP, le Colonel Mohamed Ould Abdel Aziz met fin au régime du Président Maaouyia Ould Sid'Ahmed Taya alors que ce dernier achevait une visite en Arabie saoudite. Une junte, le CMJD (Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie), porta à sa présidence, le Colonel Ely Ould Mohamed Vall jusque-là, Directeur Général de la Sureté Nationale et proche collaborateur du Président Taya. Un nouveau Gouvernement a été nommé avec comme Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar.
Le CMJD organisa la Transition qui s’échelonnera sur dix huit mois. Une nouvelle Constitution est proposée au Référendum en juin 2006, Constitution qui limite le mandat à cinq ans, renouvelable une seule fois. Le CMJD initia une concertation avec les Partis politiques et créa une Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).
La Communauté internationale, très réticente au début accepta d'accompagner le nouveau processus. L'union européenne, les Etats Unis et le système des Nations unies apporteront d'ailleurs des contributions matérielles et financières substantielles en vue de l'organisation des élections qui ont été fixées au 19 Novembre 2006 pour les législatives et au 11 Mars 2007 pour les Présidentielles.
Plusieurs partis virent le jour comme Hatem, dirigé par Saleh Ould Hanena, le Chef des putschistes de juin 2003, le Renouveau Démocratique de Moustapha Ould Abeiderrahmane, le Rassemblement pour la Mauritanie, TEMAM, du Dr Cheikh El Mokhtar Ould Horma...
L'ancien Parti au pouvoir, le PRDS se disloqua, la plupart de ses membres, notables, cadres, activistes se rapprochèrent du CMJD et rejoignirent le rang des Indépendants. Un petit groupe restera dans le PRDS, désormais baptisé PRDR.
Le scrutin du 19 Novembre pour les législatives et les municipales donnera une majorité aux ''Indépendants'', principalement des ex membres du PRDS dans les 95 sièges de l'Assemblée Nationale. Mais l'ancienne opposition connaitra une forte poussée surtout pour le RFD d'Ahmed Ould Daddah et un score inattendu pour l'UFP de Mohamed Ould Moloud.
Les élections sénatoriales de janvier 2007 consolideront l'avance des 'Indépendant'' et confirme la déroute des partis d'opposition...
Les élections présidentielles se déroulent dans un climat relativement démocratique. La communauté internationale apporte un appui moral et surtout matériel important pour le scrutin.
Les principaux candidats Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Ahmed Ould Daddah, Messaoud Ould Boukhelif, Mohamed Ould Mouloud, Zéine Ould Zeidane, Sarr Ibrahima et Saleh Ould Hanena s’affrontent dans une atmosphère calme.
Le candidat Sidi Mohamed Ould cheikh Abdallahi qui bénéficie de l’appui discret mais très ferme de la junte et apparait ainsi comme le candidat de l’establishment. Ce qui lui apporte le soutien des principaux notables ainsi que celui des milieux d’affaires.  
Le premier tour des élections place en tete le candidat Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, suivi dans l’ordre par Ahmed Ould Daddah, Zeine  Ould Zeidane et Messaoud Ould Boulkheir.
Le second tour est remporté par Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi qui a bénéficié des ralliements de Zeine Ould Zeidane et Messaoud Ould Boulkheir.
Le Président  Ould cheikh Abdallahi nomme Zeine Ould Zeidane a la tète du gouvernement.
Mais très le régime du Président Sidi Ould Mohamed Ould Cheikh Abdallahi se fragilise du fait du renchérissement des denrées alimentaire, de l’inexpérience  du Premier ministre et de son Gouvernement.
Hésitant, peu politisé, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi est vite débordé par la fronde parlementaire encouragé par ses ennemis avec l’appui des principaux chefs de l’Armée, ceux-là même qui avaient initié sa candidature.
Le 6 Aout 2008 et dans une totale confusion, un coup d’Etat met fin a ladite première expérience démocratique mauritanienne.
Les militaires mettent en place un Haut Conseil d’Etat dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Le coup d’Etat bénéficia de la sympathie de nombreux Mauritaniens déçus par les errements et les incohérences de l’ex- Président. Condamné par la communauté internationale , le putsch s’impose progressivement du fait des atermoiements du chef de l’opposition démocratique Ahmed Ould Daddah, de l’appui discret de Paris, Madrid, Dakar et celui du Colonel Kadhafi, Président de l’Union Africaine.
L’Opposition rejointe par Ahmed Ould Daddah finit par signer à Dakar un accord pour des élections prévues le  Juillet 2009, élections naturellement remportées par Mohamed Ould Abdel Aziz et contestées par l’Opposition.

 

 
 
 
 
 

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